La morale à l'école

Portrait de Chantal Calatayud

Le débat sur la nécessité du retour de la morale à l'école revient de temps en temps comme proposition réfléchie par certains de nos élus. Le terme " morale " pourrait éventuellement être remplacé par un terme moins péremptoire pour ne pas choquer les sensibilités... Comme toujours avec ce type de suggestion, il y a les pour et les contre, la colère gronde, la polémique enfle, on dénonce une régression possible et le projet de loi en reste là.

Quoi qu'il en soit, une triste évidence s'impose à qui veut bien observer objectivement et lucidement la société d'aujourd'hui pour ce qui est de la politesse basique. Prenons un exemple courant parmi tant d'autres : pratiquement plus aucun ado ne s'effaçant de nos jours sur le passage d'une personne plus âgée que lui, l'adulte très adulte - c'est-à-dire souvent sexagénaire ou beaucoup plus - laisse (quasiment contraint et forcé) le " jeune " se déployer à son aise et à sa guise sur le trottoir tandis que celui ou celle qui pourrait être son parent ou son grand-parent préfère affronter la chaussée destinée aux véhicules, histoire de ne pas se sentir humilié devant l'allure indifférente ou arrogante du gamin...

Eh bien moi qui suis d'une génération où le quart d'heure de morale commençait la journée de classe, je déplore qu'il n'existe plus ! Tout d'abord, j'adorais la petite histoire qui précédait cette leçon de civisme mais, surtout, j'ai toujours en tête des phrases complètes telles celles qui incitaient à aider un aveugle à traverser la rue. Ce que j'ai fait dans ma vie à plusieurs reprises, comme beaucoup d'entre nous. Mais il est vrai qu'on dit aujourd'hui mal-voyant ou non-voyant, ce qui peut signifier tout à fait autre chose dans le psychisme de nos chères têtes blondes devant lesquelles, de toute façon, même les enseignants n'ont plus voix au chapitre...

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Commentaires

Portrait de Gilbert. R. Psychanalyste

Dans une société de plus en plus orale, le " bon " surmoi semble en effet de plus en plus s'affaiblir. Le " Il est interdit d'interdire " de mai 68 a fait ses petits dans les années 70, période, me semble-t-il, où la leçon de morale matinale a complètement disparu des salles de classe. L'enfant roi a pris un certain pouvoir et ce sont ses propres descendants qui ne descendent pas du trottoir pour laisser la place à leurs aînés. Conséquences, un certain retour du religieux fanatique qui ne s'embarasse plus de la vie humaine... Un retour du refoulé en quelque sorte, mais là complètement destructeur et auto-destructeur ! Alors oui, changeons peut-être le terme mais revenons de grâce aux fondamentaux avant qu'il ne soit trop tard ! L'école a toujours eu, a , et aura un très grand rôle à jouer pour redresser la barre. Merci à vous, Chantal, de tirer une sonnette d'alarme qui, je l'espère, sera entendue même si elle reste une voix qui crie un peu dans le désert. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières...

Portrait de Jean

Sans être passéiste et en adaptant ces réflexions du siècle dernier au présent, on pourrait imaginer de reprendre ces fameuses leçons de morale dès le plus jeune âge. Il en va de l'avenir de nos jeunes ! la question est aussi posée dans un article de Signes & sens par Guy lavergne. La réflexion induite par Chantal Calatayud mérite effectivement une belle réflexion : http://www.signesetsens.com/developpement-personnel-et-si-on-remettait-l...

Portrait de Isabelle

Au risque de "sembler rétrograde"... Pour moi il ne fait aucun doute, que cette question du retour à la morale à l'école, est bien plus sensée qu'il n'y paraît... La morale, véhicule quoi qu'on en dise, des règles de savoir vivre basiques, qui en définitive génèrent le respect de l'être humain et donc tout autant de la vie dans son ensemble... Comment un enfant peut-il se construire "convenablement" sans, ou disons, très peu de limites en miroir d'un extérieur qui en principe est là également pour symboliser l'aspect collectif protecteur... N'oublions pas, quand même, que l'individuel n'existe qu'illusoirement si le collectif ne remplis plus son rôle de valeurs communes... Un exemple me vient à l'esprit, un peu "décalé" certes, mais qui en définitive, reflète bien, malheureusement, un non respect de plus en plus flagrant... Mon lieu d'habitation, résidence HLM, est entourée de grands et beaux agréables espaces verts, qui permettent aussi aux enfants de vivre en extérieur, de façon malgré tout "privilégiée" et qui plus est, sécurisée... Celà peut sembler un détail, mais lorsque je vois, les jeunes enfants de 7, 8 ans s'agripper aux branches d'arbres imposants (entre autres...), uniquement dans le but de casser les branches (je n'exagère pas !), sans qu'aucun parent ne stoppe ces élans destructeurs... Ou bien aussi, des enfants à peine âgés de 3 ans, livrés à la surveillance plus ou moins attentive d'un frère ou d'une soeur d'à peine 7, 8 ans... Personnellement j'ai parfois l'impression d'être d'une autre génération que la mienne... Je suis parent moi-même, avec toutes mes failles, mes limites voire mes errances... Pourtant, sans vouloir en rajouter... Que sont devenues les valeurs qui permettaient aussi que chaque génération, "tenait" malgré tout les responsabilités qui lui incombait ? Pour le bien de l'humanité, il est à mon sens urgent, qu'il y ait des prises de consciences effectives... Et la morale à l'école participe bien évidemment à l'intégration des limites protectrices pour tout un, chacun, dès l'enfance...

Portrait de Madeleine

Notre pays a besoin d'être ré-éduquer comme après une blessure mal soignée. La morale à l'école a fait ses preuves et s'il faut changer le nom pour que ça passe mieux, changeons le nom. Mais ré-éduquons ces chères têtes blondes, ils sont l'avenir et comme dirait la pub, " Ils le valent bien ! ".

Portrait de Michèle

Il me semble que démarrer une journée d'école en réfléchissant sur les grandes valeurs humaines, ce serait comme un bon échauffement pour vivre ensemble. On en parle tellement en ce moment !!!

Portrait de Amélie

Pour un retour à la morale (ou comme le dit Madeleine "un autre nom") ! Tout simplement, parce que c'est un bon "garde-fou" quoi qu'on en dise, et aussi parce que cette "morale" entraîne nécessairement une réflexion individuelle, autant que collective d'ailleurs... Contrairement à ce qu'on pourrait croire... ce côté morale pousse à réfléchir, à s'interroger et donc aussi à prendre en compte cette histoire de bien et de mal de façon un peu plus rassurante quand même... tout en ouvrant sur une vision plus "équitable et juste"... Et pour ça, il n'est jamais trop tôt pour semer les graines qui germeront ensuite...

Portrait de Charles

J'ai lu l'article proposé par Jean. Il m'a bien parlé. En fait, il s'agirait de réactualiser les anciennes leçons de morale en fonction de la société actuelle. Je suis évidemment pour !